Une brève histoire de l’économie sociale

29 juin 2011

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L’économie sociale s’est construite avec un objectif : l’émancipation de la personne humaine, ou comment vivre l’économie en respectant les valeurs chères à tout citoyen dans sa vie en société. Les utopies qui inspirent l’économie sociale visent à changer les rapports entre l’homme, le travail et l’économie, à prévenir des risques majeurs, à répondre aux besoins sociaux de base et à réduire les inégalités.

 

Tableau : Grève à Saint-Ouen en 1908, Paul-Louis Delance

La loi du 5 avril sur les retraites ouvrières et paysannes inaugure la série des lois de protection sociale obligatoire (Tableau : Grève à Saint-Ouen en 1908, Paul-Louis Delance)
 

1824 : La première mutuelle recensée en Indre-et-Loire est créée par des ouvriers tanneurs pour se prémunir contre les maladies et blessures et pour assurer la retraite.

1848 : Plusieurs centaines d’associations ouvrières et de sociétés mutualistes voient le jour, alors que des penseurs popularisent les idées de liberté et d’égalité dans le travail. Ces organisations ont en commun de ne pas dissocier l’association de compagnons, la coopération de production, la formation, la défense des intérêts professionnels, le secours mutuel, l’entraide. Elles seront fortement réprimées après le coup d’Etat de décembre 1851.

1866 : Napoléon III met fin à la répression des associations ouvrières par le décret supprimant le « délit de coalition ». Le premier texte régissant les Sociétés coopératives ouvrières de production (Scop) est publié l’année suivante.

5 septembre 1883 : Premier congrès national des sociétés de secours mutuels à Lyon. 110 000 mutualistes sur les 900 000 existants sont représentés.

1898 : Une grande loi reconnaît aux mutuelles le droit de créer des unions mutualistes qui permettront d’agir dans les champs de la retraite et de l’assurance vie et dans la réalisation d’œuvres sanitaires et sociales.

1910 : La loi du 5 avril sur les retraites ouvrières et paysannes inaugure la série des lois de protection sociale obligatoire. Les fédérations mutualistes  offrent immédiatement leurs services pour les mettre en pratique.

1914-1918 : Durant la première guerre mondiale, le nombre de coopératives double, ainsi que leur chiffre d’affaire. Après 1918, elles s’organisent en réseau et dépasse le modèle des petits magasins isolés.

1935 : Le secteur coopératif, de G. Fauquet théorise une rupture essentielle dans la tradition coopérative représentée par Charles Gide et sa « république coopérative » destinée à remplacer le capitalisme. « Ni la coopération de consommation seule, ni même l’ensemble des formes de la coopération, ne peuvent envahir toute l’économie. Elles peuvent seulement viser à en occuper un secteur. »

 

 

Entre 1934 et 1972 : naissance des mutuelles d’assurance. La première créée est la Maaif devenue Maif (Mutuelle assurance des instituteurs de France) en 1934. Suivent la Mutuelle assurance automobile des artisans de France (Maaf) en 1950, la Mutuelle assurance des commerçants et industriels de France (Macif) en 1960, la Mutuelle assurance des travailleurs mutualistes (Matmut) en 1961, la Société mutuelle d’assurance des collectivités locales (Smacl) en 1972.

Années 70 et début des années 80 : vague de création de coopératives alternatives. Ces années marquent en effet une rupture dans la vie économique des pays occidentaux avec une massification de la pauvreté à travers l’extension des exclusions et l’échec de l’alternative que représentait le socialisme réel. Les fédérations qui rassemblent les entreprises coopératives se regroupent alors au sein d’un mouvement : l’économie sociale.

Depuis les années 80 : Essor d’associations à finalité sociale, souvent identifiées en France sous le terme d’économie solidaire. Elles représentent en nombre la composante la plus importante de la nouvelle économie sociale. Ces entreprises sont loin, au premier abord, de l’utopie alternative qui a inspiré les premières associations coopératives et mutualistes. Elles s’appuient en effet largement sur l’Etat quand l’économie sociale historique revendiquait une indépendance économique et politique, et elles s’adressent fréquemment à des tiers non sociétaires. Elles conçoivent et mettent en œuvre de nombreuses innovations en matière de gestion des ressources, d’émergence de nouveaux métiers, de définition de partenariats et d’organisations de travail.

 

L’histoire continue ! Retrouvez nos sujets sur les 37èmes rencontre de l’Institut de Protection Sociale en Europe (IPSE) :

Sources : « L’économie sociale : Utopies, pratiques, principes » de Jean-François Draperi / Image : Grève à Saint-Ouen en 1908,  de Paul-Louis Delance (Domaine public)

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