Microcrédit personnel : vers plus d’égalité économique

Le système financier n’avantage pas toujours les plus modestes, pour qui le crédit bancaire classique est souvent inaccessible. Alors que faire pour accéder à un prêt lorsque l’on ne touche que 600€ par mois ? Gros plan sur le microcrédit, un dispositif qui associe certaines banques à des partenaires souhaitant offrir ce « levier social » à leurs béneficiaires..

 

Outil d’innovation sociale

 

Muhammad Yunus a reçu le prix Nobel de la Paix en 2006.

Le microcrédit trouve ses origines dans les pays en développement, où la population est trop souvent exclue du système bancaire classique. Une précarité qui n’a d’égal que l’inépuisable énergie de ces hommes à innover pour améliorer le quotidien. C’est l’économiste Muhammad Yunus, lui-même originaire du Bangladesh, qui popularise le microcrédit économique dont le principe est simple : un prêt d’un montant peu élevé est attribué pour favoriser le développement d’une activité. Fort de son succès, Yunus crée la première banque spécialisée dans le microcrédit en 1983 : la Grameen Bank.

En France l’Agence pour le Droit à l’Initiative Economique (Adie) a attribué 14500 dossiers en 2009, et ainsi aidé autant de personnes défavorisées à créer leur propre emploi. Un franc succès puisque le taux d’insertion professionnelle des micro-entrepreneurs financés et accompagnés par l’Adie approche les 80 %, et que 68 % des micro-entreprises sont pérennes deux ans après leur création.

 

Essor du microcrédit personnel

A coté de ce microcrédit dédié à la création d’activité existe un microcrédit dit personnel ou social. Destiné à des personnes n’ayant pas accès au crédit à la consommation classique, ce microcrédit permet d’emprunter généralement jusqu’à 3000€, à condition de ne pas être en situation de surendettement. La demande du prêt doit s’inscrire dans le cadre d’un projet personnel ou professionnel, comme par exemple l’achat d’un véhicule pour se rentre au travail, ou encore le règlement des frais d’un déménagement.

 

Le dispositif de microcrédit personnel

Avec 6000 prêts attribués en 2009, le microcrédit personnel progresse doucement en France, où 25% à 30% des ménages ne peuvent accéder aux prêts classiques. Trop souvent les familles se tournent vers le crédit renouvelable (ou revolving), très couteux et impliqué dans de nombreux cas de surendettement.

 

Accompagner et responsabiliser

 

Fiche pratique microcrédit personnel
Montant : variable de 500€ à 3000€
Durée de remboursement : de 12 à 36 mois
Frais de dossier : Aucun
Garantie : Partagée entre l’établissement bancaire et le fond de cohésion sociale
Finalité : Achat d’un véhicule, permis de conduire, caution locative, déménagement, achat d’équipement, formation, etc.

Autre particularité du microcrédit, l’obtention du prêt n’est pas demandée directement à un établissement bancaire mais passe par l’intermédiaire d’un accompagnateur. Son rôle est multiple : il vérifie la faisabilité du projet, aide à la constitution du dossier, dialogue avec la banque, mais surtout informe, conseille et responsabilise le demandeur. L’accompagnant assure également le suivi en proposant des bilans d’étape après l’obtention du prêt.

 

L’accompagnant est un maillon essentiel de la chaine du microcrédit, et sa capacité à prendre en compte la situation unique de chaque personne est primordiale pour que le dispositif puisse pleinement jouer son rôle social. Car si, comme le dit Martin Hirsch, le microcrédit personnel permet de « remoraliser le crédit à la consommation », il est d’abord et avant tout destiné à aider les personnes en difficulté. Une façon de replacer l’homme au centre de l’économie.

Et en pratique, le microcrédit, ça donne quoi !?

(Sources : YouPhil, Influence Ethique, cBanque, Le Monde)

Crédit photo : World EconomiC Forum , eschipul (FlickR / Licence CC)

Qu’est-ce que

Priorité
à la Personne

En savoir plus