La nouvelle alternative ? Un livre sur l’économie sociale et solidaire

2 août 2011

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Extraits du livre « La nouvelle alternative ? » de Philippe Frémeaux. Un ouvrage pour mieux comprendre les enjeux d’une économie au service de la personne.

 

L’allongement de la durée de la vie et le développement de l’offre de soins alliés à la persistance d’un haut niveau de chômage rendent aujourd’hui plus difficile le financement des régimes publics de protection sociale, laissant un espace libre aux régimes complémentaires.

 

Livre : la nouvelle alternative

 

C’est ainsi qu’on voit les banques coopératives et certaines mutuelles d’assurance multiplier les publicités incitant les salariés à « préparer leur retraite », ce qui concourt à affaiblir la confiance dans le système par répartition. Quant à la mutualité, bien qu’elle affirme avec constance la nécessité d’organiser l’offre de soins de manière plus efficace et de maintenir un haut niveau de solidarité, elle n’est guère parvenue à imposer ses vues au cours de la dernière décennie. Résultat : le recul de la prise en charge des soins par le système de base élargit le champ laissé aux complémentaires, ce qui contraint  les mutuelles  santé à augmenter leurs cotisations et… leur chiffre d’affaires. Une progression d’autant plus problématique sur le plan de la solidarité que la plupart  des mutuelles  santé exigent désormais des cotisations qui ne sont plus indexées sur les revenus de leurs adhérents, mais sur le risque, comme le font les assureurs privés.

Dans un climat de concurrence devenu acharné, certaines mutuelles n’hésitent pas à développer des stratégies marketing douteuses pour se différencier. Certaines ont ainsi été conduites à diversifier leur offre, en proposant des contrats moins complets mais accessibles à une clientèle qui ne dispose pas du pouvoir d’achat des salariés installés dans l’emploi. Pire, certaines cherchent à attirer le client via des messages publicitaires qui donnent de sérieux coups de canif dans les principes mutualistes. Type : « Pourquoi payer comme un malade quand je ne suis pas malade ? »

 

De la même manière, le développement des services aux personnes, dans le cadre du plan Borloo, ne s’est pas accompagné d’une moralisation du secteur de l’aide à domicile, en dépit des engagements pris en matière de reconnaissance de la qualification des personnes et de niveau de rémunération. Les associations qui emploient du personnel salarié se trouvent ainsi toujours plus en concurrence avec des structures dites mandataires, y compris dans la prise ne charge des personnes dépendantes. Or, ces structures se contentent de mettre en relation la personne qui assurera la prestation avec l’usager qui se retrouve en position d’employeur. Un cas de figure qui n’est satisfaisant ni pour les bénéficiaires du service ni pour les professionnels, mais qui se révèle moins coûteux.

 

La place dont bénéficiera l’économie sociale et solidaire demain dépendra donc en grande partie de sa capacité à se montrer aussi efficace que le secteur privé tout en se différenciant par son utilité sociale particulière.

 

D’autres idées de lecture, à découvrir sur notre blog :

Source :  La nouvelle alternative ?,  Philippe Frémeaux, édition Les Petits Matins – alternatives économiques


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