Silver économie : un potentiel économique et un besoin social

10 octobre 2013

/

Beaucoup d’entrepreneurs analysent le vieillissement de la population comme une simple aubaine financière alors qu’il soulève de véritables questions sur la prise en compte de toutes les personnes quelles que soient leurs conditions de ressources.

Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a observé qu’à partir de 65 ans, la consommation connaît un brutal repli, mais que les revenus baissent à un rythme bien plus lent. Du coup, la part de revenus non consommés croît dans des proportions étonnantes (3 400 euros par an entre 60 et 69 ans, 6 100 entre 70 et 79 ans et 7 400 en moyenne après 80 ans). En d’autres termes, les seniors pourraient consommer beaucoup plus et participer à la croissance.

« Pour certains territoires, la vieillesse va presque devenir la matière première d’un développement économique local axé sur la prise en charge des personnes âgées et pourvoyeur d’emplois non délocalisables », affirme le rapport du conseiller général socialiste Luc Broussy, remis en janvier à Madame Delaunay.

Les personnes âgées connaîtront cependant des sorts bien différents selon l’état de leur santé et de leur épargne. A titre d’exemple, les plus de 65 ans sont déjà proportionnellement plus nombreux dans les logements sociaux que dans l’habitat traditionnel (20 % contre 16,5 %). Cet écart devrait se creuser dans les années à venir. En 2035, 35 % des locataires en HLM seront des seniors. Et les autorités en charge de la question en ont bien conscience: Il s’agit, explique le ministère du redressement productif, de « solvabiliser » la demande, notamment en proposant des biens et services plus abordables.

« Cette révolution démographique génère une demande de produits et services autour du bien-vieillir, c’est un défi sociétal, mais aussi une opportunité de marché », juge Jérôme Arnaud, le président de Soliage, regroupement d’entreprises spécialisées dans le vieillissement. Un Français sur quatre sera âgé de plus de 60 ans en 2020.

L’innovation sociale et l’intelligence collective ont aussi leur rôle à jouer. Geoff Mulgan du Nesta, l’agence de l’innovation britannique, mise sur une production plus participative et donc relationnelle lorsqu’il présente Tyze, un système qui permet d’approfondir les relations sociales plutôt que les étendre, comme le proposent la plupart des réseaux sociaux, en s’intéressant à créer des réseaux de soutien de personnes dépendantes comme les handicapés ou les personnes âgées. « Encore une idée simple qui tente de relever des aspirations humaines et d’humaniser la technologie ». Ne pas se replier sur soi-même et avoir une ambition collective.

L’exemple allemand

En Europe, le gouvernement allemand a lancé en 2009 une initiative baptisée « l’âge, un facteur économique » qui cherche à sensibiliser les entreprises aux conséquences du vieillissement de la population sur leur activité. Cinq secteurs ont été ciblés : la santé, le tourisme, le commerce de détail, les services financiers et les services ménagers. Le gouvernement allemand a ainsi développé une plateforme d’échange et de rencontres rassemblant entreprises, experts, organismes de consommateurs et retraités pour informer et sensibiliser les PME aux besoins des seniors et a mis en place un label de qualité en faveur des entreprises.

Crédit photo : SalFalko sur FlickR (CC-BY-NC 2.0)

Qu’est-ce que

Priorité
à la Personne

En savoir plus