Risques psychosociaux : Le CEP une démarche de prévention

Un accident, la maladie, le décès d’un proche ou une agression…  Quelques exemples d’événements traumatisants, face auxquels une personne peut ressentir le besoin d’être aidée par un psychologue. Caroline Humbert et Jérémie Rollot sont psychologues cliniciens chez PSYA, organisme spécialisé dans l’accompagnement psychologique. Ils nous présentent le Centre d’Ecoute Psychologique (CEP), un service d’écoute clairement orienté en faveur de la prévention.

Le CEP

Pouvez-vous nous présenter le CEP ?

Le CEP a été créé par PSYA il y a 13 ans. C’est un service d’écoute et d’accompagnement téléphonique qui fonctionne 7j/7 et 24h/24. Pour le psychologue clinicien, c’est un cadre non conventionnel ! Il a fallu donc d’emblée penser à un mode d’accompagnement adapté et enrichi. Enfin l’expérience montre que le CEP se révèle très opérant pour ce qui nous intéresse chez PSYA : la gestion et la prévention des risques psychosociaux.

A quelles demandes faites-vous face au quotidien ?

Lors des entretiens, les problématiques abordées sont diverses. Elles relèvent aussi bien de la sphère professionnelle que privée. Dans le premier champ, les personnes évoquent le plus souvent les cas de harcèlement moral, d’épuisement professionnel, de surcharge de travail, de difficultés relationnelles avec des pairs ou la hiérarchie, et de stress.

Tous témoignent d’un vécu difficile au travail. Quant aux problématiques personnelles, il s’agit, entre autres, des problèmes de couple, de divorce, de deuil ou encore des problèmes liés à l’éducation des enfants.

Toutefois, l’écoute nous amène fréquemment à considérer une globalité plutôt que de s’attarder sur un pan particulier de l’histoire des appelants. Nous constatons bien souvent que les dimensions personnelles et professionnelles sont imbriquées, donc difficilement dissociables. La preuve en est les répercussions d’un champ sur l’autre. A moins de cliver parfaitement vie professionnelle et vie privée, le mal-être ressenti dans l’une ne manque pas d’affecter l’autre.

Comment le CEP a-t-il trouvé sa place ?

En réponse à une véritable évolution sociétale : l’utilisation croissante des nouvelles technologies de la communication accroît l’intérêt de notre service. Il y a aussi une nouvelle représentation du psychologue : plus uniquement “pour les fous”, il apparaît désormais comme le professionnel de “bons conseils”, “éclairé”, voire “tout-puissant”.

Quel est le rôle du médiateur téléphonique ?

Même si la demande d’aide peut paraître évidente, il s’agit d’un premier pas parfois difficile à faire pour des personnes fragilisées psychiquement. Le médiateur téléphonique (qui est d’abord un psychologue clinicien) se présente à travers la neutralité que lui confère l’absence de rencontre physique. Cet élément favorise souvent une première démarche vers un psychologue.

Soutenu par la ‘‘présence”, l’écoute, et la voix du clinicien, l’appelant peut investir l’entretien, y déposer sa souffrance, et déplier sa problématique afin d’amorcer un travail. Notre fonction sera de soutenir sa pensée et sa réflexion afin qu’il donne du sens à ce qu’il vit, et à ce qui le traverse en interrogeant sa position subjective. Cet entretien pourra être unique ou encore s’inscrire dans un suivi de quelques séances avec le même psychologue. C’est particulièrement pour les personnes ayant vécu un événement source de traumatisme, et qui ont un besoin important d’être soutenu et rassuré.

L’entretien avec un médiateur est parfois un premier pas vers un accompagnement face à face ?

Oui ! Si ce dispositif favorise un premier accès au soin, notre expérience nous montre aussi que dans certaines situations, pour que le travail thérapeutique prenne ‘‘corps”, notre fonction est d’accompagner la personne pour qu’elle rencontre en face à face un psychologue. A ce titre, nous travaillons en étroite collaboration avec notre réseau de psychologues réparti sur toute la France.

Que vous apporte le CEP en tant que psychologue ?

Le CEP nous permet de nous inscrire dans une démarche active de prévention des risques psychosociaux :  à la fois dans le cadre de l’entretien clinique, et dans l’accompagnement et le travail d’orientation des personnes en souffrance que nous effectuons quotidiennement.

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