Pourquoi l’assurance-dépendance n’est-elle pas une solution à la perte d’autonomie ?

7 août 2013

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Les assurances-dépendance sont peu répandues. Selon la Fédération française des Sociétés d’assurances (FFSA), 5,5 millions de personnes sont couvertes, la majorité d’entre elles l’étant à titre accessoire dans le cadre de garanties annexes à leur complémentaire santé. Seulement 1,5 million de Français seraient protégés par un contrat spécifique. 73% n’envisageraient d’ailleurs pas de le faire d’après un baromètre dépendance réalisé par TNS Sofres pour La Banque postale prévoyance.

Certains chiffres alimentent pourtant l’argumentaire commercial des assureurs. Les dépenses moyennes des ménages au titre de la dépendance sont de 1 800 euros par mois pour couvrir l’aide d’une personne dépendante à domicile, et de 3 000 à 4 600 euros par mois en établissement spécialisé.

Pertinents alors ces contrats? « Non, et certainement pas! », explique Michel Revest :

Le directeur « Recherche et innovations » de Covea précise par ailleurs que le problème du financement des frais liés à la dépendance n’est pas insurmontable et relève surtout du politique : « Le coût de la dépendance d’ici à 2020 a été évalué à 5 milliards d’euros lors de la précédente réforme sous Sarkozy. Que ce chiffre soit plus ou moins juste, ce n’est pas un vrai problème financier. » La raison de l’urgence réside plutôt dans l’incapacité des collectivités territoriales, et bien-sûr des plus pauvres, qui sont aujourd’hui en charge de la dépendance d’y subvenir. Les contraintes budgétaires, aggravées par l’effet d’affichage, ont bloqué à l’époque la création d’un système compensatoire et ont poussé les politiques à chercher une réponse assurantielle. « A moins de rendre le système obligatoire, les gens qui y auraient souscrit sont ceux qui en ont les moyens. Les 80 ou 90% restants en étant exclus. On a donc dit : « On verra ça plus tard…»

Dans une interview au Monde daté du 25 février dernier, Michèle Delaunay, la ministre déléguée en charge des personnes âgées et de l’autonomie, présentait les grands axes de la réforme prévue pour la fin de l’année. « L’application de la réforme sera progressive tout au long du quinquennat. La solidarité nationale doit évidemment jouer, mais aussi la responsabilité individuelle. Il est temps pour la génération qui est la mienne de mesurer que la vieillesse va durer trente ans, voire davantage, et qu’il n’est pas illégitime qu’elle doive anticiper pour elle-même cette période de la vie. Il n’y aura pas d’assurance obligatoire, mais on ne peut pas empêcher les Français qui le souhaitent d’y souscrire. En revanche, les contrats doivent être compréhensibles et équilibrés. Les assureurs doivent se pencher sur ces questions. »

La ministre évoquait alors la création d’une filière autour des technologies génératrice d’emplois à l’attention des baby-boomers. Un marché que les Américains appellent la « silver economy » et qui croît de 15 % par an aux Etats-Unis.

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