Moments de vie : Le lendemain de la chute

Moments de vie : Le lendemain de la chuteLa veille du coup de fil, il s’est généralement passé quelque chose : la chute ou une perte momentanée de lucidité. Le genou luxé, la tête bandée ou simplement l’émotion de retrouver la personne perdue dans sa propre maison  incitent à agir vite.

C’est parfois la fin d’une longue hésitation. L’épouse, le mari épuisé par la maladie de l’autre demandent de l’aide. C’est un acte légitime, mais  il n’est jamais facile à exprimer. Il faut faire comprendre à l’interlocuteur que ce n’est pas le début d’un abandon …et s’en persuader soi-même.

Il est pourtant fondamental de reprendre souffle quand les signes se  multiplient, que les gestes répétés de la vie quotidienne épuisent un conjoint lui-même âgé. Une inattention, une absence courte du domicile peuvent avoir des conséquences douloureuses et cela arrive, presque fatalement, avec l’usure des jours.

Les pathologies ne sont pas toujours dramatiques. Parfois c’est une convalescence difficile, un mauvais passage. Parfois c’est la lente dégradation d’une maladie neurologique. Pour l’interlocuteur au bout du fil, la difficulté est la même. Il faut débrouiller le maquis des aides et interventions, de l’APA  aux mutuelles sans oublier les services sociaux. Il faut répondre à une question lancinante :

 -« A quoi avons-nous droit… »

  Les solutions existent : maison de repos, aide qualifiée etc. Encore faut-il, et ce n’est pas le plus facile, comprendre ce que veut vraiment l’appelant.

C’est un dialogue sensible, délicat avec un homme, une femme déchirés entre deux aspirations : ne jamais faire défaut à celle ou celui qui souffre, trouver  la force de continuer à le faire.

A lire : « moments de vie » : les chroniques du quotidien

Crédits : Texte redigé par Thomas Robache pour DOMPLUS / Photo Agence Limite pour DOMPLUS

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