Mohamed Gnabaly, dirigeant-fondateur de Novaedia : «Faire de l’entreprenariat en donnant du sens»

A 27 ans, Mohamed Gnabaly veut concilier ses valeurs à son travail. Passionné par les modèles économiques, il est très vite entré dans la thématique de l’économie sociale et solidaire (ESS) qui prône un système d’entraide… Et il vient de lâcher le secteur de la banque d’investissement et de financement pour se lancer dans la vente de corbeilles de fruits frais solidaires au bureau.

Mohamed Gnabaly reçoit dans ses locaux de l’Ile-Saint-Denis, sa ville de cœur, celle où il a grandi. La petite commune du 93 regroupe plus de 85 nationalités, 60% des habitants sont au SMIC, 40% des logements sont des HLM. Et les entreprises ne se bousculent pas sur le territoire.

Lui est revenu après un parcours quelque peu atypique. Le petit Mohamed voulait être agent de joueurs de foot. Il s’en est donné les moyens. Après une prépa HEC à l’école nationale de commerce Bessières, dans le XVIIème arrondissement de Paris, il intègre l’école de Troyes dont la plaquette le fait rêver avec son master de «marketing événementiel du sport ». A la fin de la première année d’étude, le double diplôme est supprimé. Il se spécialise dans la finance et débute sa vie professionnelle dans le secteur bancaire. Mais très vite lui prend l’envie de monter un projet entrepreneurial.

Le concept Novaedia-version 1 sera d’aider les entreprises à prendre en compte les requêtes de leurs salariés, à faire remonter l’information, pour mettre en place un tableau de bord managérial qui s’intéresse aux risques psycho-sociaux.

Le technopôle de Troyes approuve son projet et lui offre un accompagnement. « Je suis allé voir les entreprises avec la casquette « jeune de banlieue ». Ça marche à chaque fois », plaisante-t-il. Il crée avec un ami de l’école de commerce une équipe de cinq personnes en s’entourant de trois médecins en psychologie. Novaedia voit le jour mais ne tiendra pas. « Je suis toujours persuadé que ce projet a du sens mais le processus est long et difficile. Sans doute trop compliqué pour un jeune entrepreneur. »

Il rejoint de nouveau le monde bancaire et crée en parallèle l’association « Capital Banlieue », à l’Ile-Saint-Denis : « Nous voulions lutter contre l’autocensure que pratiquent beaucoup trop souvent les jeunes des cités en organisant des ateliers de débats dans les collèges et en leur montrant à travers des exemples concrets que la réussite est possible pour tous. »

Le projet Novaedia n’est pas tombé aux oubliettes pour autant. Mohamed Gnabaly veut toujours créer du bien-être au travail… Mais sans se prendre la tête. Il va désintellectualiser les choses. « J’ai trouvé ma porte d’entrée avec le concept du panier de fruits frais solidaire livré au bureau. J’ai fait le tour des producteurs de la région avec lesquels j’ai signé des prix équitables. Ils me livrent des fruits de saison, les paniers sont confectionnés par des personnes en difficulté d’insertion, et ils sont achetés par les entreprises à destination des salariés et des clients à titre gratuit. »

Améliorer le bien-être travail des bénéficiaires donc, mais aussi « donner du sens au fruit ». Pour chaque panier consommé, 10% sont reversés à un programme de responsabilité sociétale ou environnementale, comme le programme « Scolidaires » qui permet à un enfant de profiter d’une heure et demie de soutien scolaire par semaine pour l’achat d’un panier hebdomadaire, ou  comme « Afruicain » qui permet la plantation d’un arbre fruitier au Sénégal pour un abonnement annuel.

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