Livre blanc des entrepreneurs sociaux : l’efficacité économique au service de l’intérêt général

Le livre blanc des entrepreneurs sociaux est un petit ouvrage d’une soixantaine de pages part d’un constat simple : l’entreprise sociale n’est pas assez enseignée en France, elle est mal connue du grand public et surtout insuffisamment financée. Elle est pourtant largement créatrice d’emplois socialement utiles et apporte une réponse intéressante aux nouveaux défis qui se posent à notre société en crise.

Convaincu qu’il est possible de concilier performance économique et utilité sociale, le Mouvement des entrepreneurs sociaux – le Mouves – entend offrir avec le livre blanc des entrepreneurs sociaux un programme opérationnel aux pouvoirs publics. « L’objectif du Mouves, créé en 2010, est triple, explique Jacques Dasnoy, son délégué général. Il est d’abord d’animer un réseau d’entrepreneurs motivés avant tout par l’intérêt général et qui partagent équitablement les richesses qu’ils créent. Il est ensuite de faire connaître ce modèle d’entreprises. Il est enfin de faire du lobbying auprès des politiques. »

Des organisations internationales telle que l’OCDE soulignent depuis plus de dix ans l’existence et l’intérêt du potentiel inexploité de l’entrepreneuriat social. Les entreprises sociales sont le moteur de l’économie sociale et solidaire qui crée 2,5 fois plus d’emplois que la moyenne du secteur privé. Et elles savent justement créer de l’emploi là où l’Etat et les collectivités ne savent plus le faire seuls : dans les territoires fragiles comme les zones rurales, les quartiers sensibles et les bassins en reconversion ; mais aussi pour des personnes en situation de vulnérabilité sociale que l’entreprise classique ne sait pas intégrer.

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Le livre blanc des entrepreneurs sociaux est une publication du Mouves

Le Mouves n’attend pas pour autant des pouvoirs publics qu’ils développent l’entrepreneuriat social à la place des entrepreneurs sociaux et de leurs partenaires, mais plutôt qu’ils lèvent les barrières qui le freinent en créant les conditions favorables à son essor. Par exemple, depuis la fin des années 1990, le soutien public à l’innovation a connu une grande poussée. Des milliards d’euros sont  investis chaque année mais ils bénéficient quasi-uniquement à l’innovation technologique. Il est temps de les ouvrir à l’innovation sociale. Autre exemple : « Seuls 2% des marchés publics intègrent des clauses sociales et environnementales. Si ce chiffre augmente, cela produira un appel d’air et les alliances entre entreprises sociales et entreprises classiques seront facilitées, propose Jacques Dasnoy. Nous ne demandons pas de mesures d’exception mais seulement de nous rapprocher du droit commun. »

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