La tyrannie du bien vieillir, un livre de Didier Martz

14 septembre 2010

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La tyrannie du Bien Vieillir, voilà bien un paradoxe ! Il faut être un peu iconoclaste pour aller s’en prendre à une si belle idée, qui fait si largement consensus : « bien vieillir». Bien vieillir, qui pourrait être contre ? Qui ne le souhaiterait pas pour soi-même et pour autrui ? Qui oserait affirmer préférer vieillir mal ?

La tyrannie du bien vieillir, un livre de Didier Martz

« Vieillissez donc mais vieillissez bien » des fois qu’il vous viendrez à l’idée de mal vieillir ! L’injonction est discrète voire sympathique. Elle se niche désormais dans nos moindres mouvements : chez le médecin et dans notre assiette, dans nos vêtements et dans le rapport que nous avons avec un corps qu’il nous faut gérer comme un capital. Un signe de cette évolution ? De la crème pour la peau on est passé à la crème anti-rides puis maintenant à la crème anti-âge, gageons que prochainement les laboratoires sortirons la crème anti-vieux comme le dit Michel Billé. Si « Bien Vieillir » devient le projet personnel et politique auquel nul ne saurait déroger, vieillir mal devient une erreur, une faute, presque un délit vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis de ceux qui auront à en assumer les conséquences.

Michel Billé est sociologue, ancien Directeur adjoint de l’Institut Régional du Travail Social de Poitiers, il a notamment publié «La chance de vieillir, essai de gérontologie sociale». Didier Martz est philosophe, et a notamment coordonné «Vous avez dit euthanasie» et «Alzheimer : vous avez dit démence ?». Ils publient aujourd’hui « La tyrannie du bien vieillir » aux Éditions Le bord de l’eau dans la collection Clair et Net. Les auteurs précisent :

«Il nous a donc semblé, à Michel Billé et à moi-même, urgent de mettre en question dans ce livre ce que recouvre ce courant de pensée presque unique, porteur d’une contrainte presque invisible tant elle est lié au désir humain de bien vivre. Tyrannie douce qui s’exerce sur les années que les hommes ont à vivre en vieillissant… Vieillir n’est pas réductible à une question cosmétique, à une question de forme. Il y va de notre rapport à la mort mais aussi et surtout de notre rapport à la vie. Dans ce refus généralisé de vieillir, quant à être un faux vieux et avoir une mal-vieillesse, il faut se frayer la voie d’une véritable réflexion sur la vieillesse. Pour apprendre à être véritablement vieux. La vieillesse n’est pas un simple état de fait, c’est une manière d’être qui a ses exigences. Tel est l’enjeu :  vivre vieux. »

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