L’Etat et le logement social : une politique qui dérange

30 juillet 2010

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Coup de gueule du mouvement HLM : l’Etat chercherait à « étrangler » le logement social en piochant dans ses caisses. Une colère qui n’est pas sans rappeler les réactions suscitées par la loi Boutin, votée en février dernier. Alors que penser de la politique de l’Etat concernant la dignité du logement ?

mouvement HLM

Déjà en janvier la loi Boutin avait créé les premiers remous, en voulant assouplir l’obligation aux communes plus de 3500 habitants de respecter  le quota de 20% des logements sociaux. Si cette recommandation finit par tomber à l’eau, d’autres sont adoptées et créent la polémique. C’est le cas de la réforme du 1% logement, accusée de désengager l’Etat de son obligation de renouvellement urbain et de la lutte contre l’habitat indigne, en transférant cette gestion à deux agences dédiées.

On savait le fonctionnement des HLM également impacté par cette loi qui redessine les conditions de mobilité dans le parc locatif social, en abaissant la limite d’âge de 70 ans à 65 ans pour les personnes en sous-occupation des lieux. Mais ce qui provoque aujourd’hui le courroux du mouvement HLM, c’est la volonté de l’Etat de ponctionner au mouvement 1 milliard d’Euros sur 3 ans, c’est en tous cas ce qu’indique à l’AFP Thierry Repentin, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH). Information contestée par le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu qui précise qu’il ne s’agit pas là d’une nouvelle taxe, mais d’un fond de solidarité entre les HLM. Une mesure prise pour conforter le produit de la péréquation prévue par la fameuse loi Boutin.

Autre point litigieux, le gouvernement veut limiter l’augmentation des loyers. Une décision mal accueillie par le mouvement HLM : « Cette mesure peut avoir des conséquences désastreuses pour la qualité d’entretien des immeubles et de services quotidien aux locataires » toujours selon T.Repentin.

Le mouvement HLM loge aujourd’hui 10 millions de locataires. Autant de personnes dont la qualité de vie repose sur les la politique du gouvernement sur le logement. Rappelons également que selon le rapport de la fondation Abbé Pierre sur le mal logement, il existe entre 400 000 et 600 000 logements indignes ou insalubres en France, où vivent plus d’un million de personnes, dont plusieurs dizaines de milliers d’enfants.

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Sources : LePoint.fr, LesEchos.fr, Fondation Abbé Pierre

Crédits photos : m.a.r.c sur FlickR (Licence CC)

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