Eric Canovas : L’entreprise est un projet collectif

Il préfère  « faire et se planter » que « ne pas essayer ». A 46 ans, Eric Canovas a déjà créé plus de cinq entreprises avec la même philosophie : Les salariés doivent prendre plaisir à venir au travail, « une évidence dans la mesure où ils y passent tout de même 80% de leur vie éveillée ».

Tout commence au sein de l’Itak, en 2006, une société spécialisée dans les cours de langue et d’alphabétisation pour adultes. L’entreprise est en dépôt de bilan. Avec cinq autres salariés et un actionnaire « plus riche », il reprend la société. Sa ligne de conduite ? « Tout le monde est complémentaire et indispensable. Le bonjour à l’accueil est aussi important que le bon cours. » Eric Canovas organise des séances de Shiatsu pour les salariés au sein même des locaux. Ils peuvent se faire masser à la japonaise en échange d’une petite participation à l’association Afritak qui ouvre une nouvelle classe tous les ans au Mali.

Deux semaines sur trois, un happy-hour rassemble toute l’équipe en interne. « Il faut créer une aventure humaine autour et dans l’entreprise ». En suivant ce concept, le chiffre d’affaire passe de 600.000 à 1.600.000 euros en quatre ans. Mais ce n’est pas le plus important. En période de pointe, les salariés reviennent travailler naturellement, sans négociation. La responsable de l’accueil, chargée du café à l’arrivée des salariés, prend sa mission à cœur. « Cela peut sembler être un détail mais elle va chercher un bon café, pas trop cher… Comme chez elle. », sourit-il.

Au printemps dernier, Eric Canovas a vendu Itak remis sur pieds. Il participe depuis plusieurs années au Centre des jeunes dirigeants, le plus beau mouvement de sa vie, et les idées bouillonnent pour « faire de l’argent mais pas n’importe comment ».  Dans sa nouvelle entreprise prête à voir le jour, il souhaite créer un écosystème. Ce sera « Un jour, un chef », un restaurant  à Bastille où tous les passionnés de cuisine, accompagnés d’un expert, pourront enfiler le tablier et inviter leurs amis à déguster leur recette.

La holding est montée avec quatre autres actionnaires. Ils détiendront 76% de la société avec la volonté de descendre à 52% du capital le plus vite possible pour permettre aux salariés et aux extérieurs d’en tenir 24% chacun. « L’idée est de faire un melting-pot pour que  toutes les personnes intéressées par le restaurant puissent aussi se sentir propriétaire, même si ce n’est qu’à 2%. » Le projet est certes « lourd administrativement »,  mais « il en vaut le coût ». Et quand ils seront un peu mieux installés, ils souhaitent développer ce partage avec les fournisseurs.

Pour grandir professionnellement et humainement, une participation à une liste d’associations sera demandée aux chefs du jour. Mais l’objectif principal est de développer le projet en France et à l’international – « trouver 360 personnes aimant cuisiner à Paris, Lyon ou New-York ne devrait pas être trop difficile » – et surtout accompagner les quelques chefs de l’année qui souhaitent créer leur propre restaurant. Une forme de communauté basée sur l’humain et le partage, parce qu’il n’y a « aucune limite là dedans ».

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