Aziz Senni : Pour faire émerger des dirigeants dans les quartiers

Son objectif à terme est d’activer le levier économique dans les quartiers de banlieue. « Le monde associatif, le sport, la culture : C’est bien mais ça ne suffit pas ! » A 35 ans, Aziz Senni a déjà fait ses preuves avec sa première société (ATA) et il continue d’aider ceux qui souhaitent créer leur entreprise, avec le soutien de grands noms du business français.

En 2005, Aziz Senni écrivait une autobiographie – « L’ascenseur social est en panne… J’ai pris l’escalier » – préfacée de Claude Bébéar. Le titre est une synthèse efficace de l’énergie qui l’anime. Cinq ans plus tôt, à peine titulaire d’un BTS de transport, il créé Alliance Transport Accompagnement (ATA), un concept de taxi collectif « plus rapide qu’un bus, moins cher qu’un taxi » au Val-Fourré où il a grandi : « Vous connaissez le prix de votre déplacement avant de partir et vous partagez la voiture avec d’autres clients . » Ca marche. ATA se développe, Aziz Senni se fait un nom. Rapidement, avec d’autres entrepreneurs de Mantes-la-Jolie, il crée l’Association des Jeunes entrepreneurs du Mantois (JEM) pour échanger entre ceux qui rêvent de mettre sur pied leur entreprise et ceux qui se sont déjà lancés. L’association fédère les débutants de l’entrepreneuriat et développe sa toile sur tout le pays. L’Association nationale des jeunes entrepreneurs (ANJE) voit le jour.

En vidéo : « L’entreprise, c’est d’abord un collectif »

Pourtant, trois choses essentielles pénalisent souvent les projets de création d’entreprise, particulièrement dans les quartiers dits « sensibles » : L’accès au capital, l’expertise et le réseau. Aziz Senni invite alors les plus grands chefs d’entreprise de France à s’engager dans un projet de fond d’investissement, la BAC (business angels des cités), dédié aux banlieues. Claude Bébéar, Eric De Rotschild, Gilles Cahen-Salvador (LBO France) ou encore Alain Joly (Air Liquide) répondent présents. « Ce sont les meilleurs dans leur domaine de compétence : le business avec un grand B », résume Aziz Senni. Ils apportent leur capacité d’investissement (entre 50.000 et un million d’euros par projet), « pas par charité mais bien dans l’attente d’un retour sur investissement ». Et ils parrainent le nouvel entrepreneur en lui apportant leur expertise et leur numéro de portable… avec son réseau. L’objectif est de faire émerger des dirigeants de PME de poids dans les quartiers afin de favoriser la création d’emplois.  Depuis 2007, année de sa création, la B.A.C. a permis l’ouverture d’une douzaine d’entreprises pour un investissement de 2,5 millions d’euros. Avec des projets variés, allant de la boîte d’informatique proposant une solution technique aux mal-entendants et aux aveugles pour accéder aux sites de e-commerce à la première usine de recyclage de matelas.

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