3,5 millions de personnes mal-logées : le rapport 2015 de la Fondation Abbé Pierre dénonce un phénomène persistant

3 février 2015

La Fondation Abbé Pierre présente aujourd’hui son 20e rapport sur le mal-logement en France. Malgré les 46 milliards d’euros, soit plus de 2% du PIB, budgétés cette année pour ce secteur, il manque toujours 800.000 logements dans l’Hexagone.

Rapport Abbe Pierre 2015 mal-logement

Le 115, numéro d’urgence pour les sans-abri, a reçu 355 000 demandes d’hébergement l’hiver dernier mais ne dispose que de 140 000 places et recourt de plus en plus fréquemment aux nuitées d’hôtel : près de 40 000 en 2014.

Conséquences : Les bidonvilles prolifèrent (429 recensés en 2014 qui abritent entre 15 000 et 20 000 personnes) et de nouvelles formes de précarité apparaissent : logements mal chauffés, propriétaires surendettés ou écrasés par les charges. Près d’un ménage sur 5 consacre plus de 40% de ses revenus à son logement.

Le nombre de demandeurs d’un logement social atteint 1,8 million, alors que seules 467 000 HLM sont attribuées chaque année, satisfaisant moins d’un quart des demandes.

La loi Solidarité rénovation urbaine (SRU) qui impose aux grandes communes d’avoir 25% de logements sociaux est loin d’être respectée. Selon les derniers chiffres officiels qui datent de 2011, sur les 770 communes astreintes à cette obligation, 330 ne la respectent pas. L’an dernier, seule la construction de 106 414 logements sociaux a été financée, soit 9% de moins qu’en 2013, en raison notamment du blocage de nombreux projets de construction par des maires élus au printemps. Toutefois, de très grandes métropoles comme Paris, Lille ou Grenoble ont dépassé la barre des 20 % de HLM ces dernières années.

Un décalage offre-demande qui soutient les prix

300.000 nouveaux ménages doivent trouver un logement chaque année en raison des naissances soutenues en France (plus de 800.000), des divorces (130.000) et des 20.000 nouvelles familles monoparentales. Or la mise en chantier de logements neufs, déjà insuffisante, a enregistré une baisse de 13% entre juillet 2013 et juillet 2014.

Dans les zones tendues, le foncier est rare et cher, mais 7 millions de m2 de bureaux sont par exemple inoccupés à Paris et en Ile-de-France, soit un équivalent de 100 000 appartements de 70m2 qui manquent à l’appel.

En quinze ans, les prix du logement ont doublé quand les revenus n’augmentaient que de 15%.

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