Précarité énergétique : une difficulté souvent mal identifiée

« Je ne peux plus payer mes charges. Les charges, vous voyez bien : l’eau chaude, le chauffage, les ordures ménagères, l’entretien des allées… » D’après une étude sur la précarité énergétique menée auprès de personnes rattachées à l’institut de prévoyance IRCEM1, celles qui évoquent les dépenses liées au logement le font majoritairement d’un bloc.

 

L’économie liée aux dépenses d’énergie est un enjeu majeur pour les personnes dont la précarité énergétique n’est pas seulement une objectivation statistique mais une réalité vécue. Mais comment amener les personnes à changer leurs usages en matière énergétique si elles ne perçoivent pas ceux-ci comme une composante de leur problème ? Moins de 10% des personnes évoquant l’énergie de leur logement effectuent leur démarche auprès de l’organisme de prévoyance en mettant en avant les aménagements à mettre en place pour rendre plus efficient la dépense énergétique. Elles doivent déjà être accompagnées pour passer d’une perception globale à une réflexion par poste de dépense afin d’identifier l’énergie comme un problème en soi.

 

L'étude DOMPLUS s'intéresse aux personnes ne pouvaient pas honorer seules leurs frais énergétiques.

L’étude DOMPLUS s’intéresse aux personnes ne pouvant pas honorer seules leurs frais énergétiques.

 

Mobilisation de plusieurs registres

 

75% de ces personnes ont par ailleurs des caractéristiques sociales comportant un risque de fragilité financière. Dans de telles situations, s’occuper uniquement de la question énergétique serait inefficace tant tous les éléments de la situation de chaque personne sont intriqués. Les éventuelles actions à mener sont bien-sûr envisagées par rapport au sujet « budget » mais elles mobilisent plusieurs registres, à commencer par le réseau relationnel de chaque personne. Celle-ci ne doit donc pas être considérée comme un individu isolé qu’il s’agirait d’informer ou de monter en compétence mais comme un être interdépendant de son réseau relationnel. Les relations de la personne peuvent en effet jouer plusieurs rôles. Elles sont parfois : causes, amortisseurs, amplificateurs de l’impact financier de l’énergie. Elles peuvent également prendre la forme de la préservation de l’image de soi et devenir frein à la demande d’aide.

Amener à effectuer des économies d’énergie demande donc, dans un premier temps, d’aider les personnes à prendre conscience de la nature énergétique d’une partie non négligeable de leurs dépenses et dans un deuxième temps, de les sensibiliser aux leviers possibles pour diminuer l’impact budgétaire attenant.

1 Pour son partenaire, l’institution de prévoyance IRCEM, DOMPLUS a déjà accompagné plus de 70 000 personnes depuis la création du service IRCEM PLUS. 19% d’entre elles, près de 13 300 personnes, ont évoqué des situations liées à des frais énergétiques qu’elles ne pouvaient pas honorer seules.

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