Marché du travail : un parcours d’obstacles pour les personnes d’origine étrangère

28 septembre 2016

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Le défenseur des droits a dressé, le 19 septembre, un « panorama particulièrement inquiétant » des discriminations à l’embauche liées à l’origine, tout particulièrement à l’encontre des personnes vues comme arabes et musulmanes.

 

Aucune étude n’existait sur le sujet. Les résultats sont sans appel. Parmi les répondants1, 60% déclarent avoir été «souvent» ou «très souvent» victimes de discrimination dans l’accès à l’emploi ou à un stage du fait de leurs origines. Ce sont souvent les mêmes motifs qui reviennent dans les témoignages: l’origine d’abord (62%) puis le nom de famille (53%), la couleur de peau (32%) et la religion (26%).

 

discriminations à l’embauche
Affiche du Défenseur des droits

 

Les personnes qui sont vues comme arabes apparaissent sur-stigmatisées du fait de la consonance de leur nom et de leurs supposées convictions religieuses. Le contexte actuel accentuerait la défiance envers cette partie de la population. « Lorsque j’ai contacté le responsable de l’entreprise, nous avons échangé 45 minutes pendant lesquelles aucune de mes compétences, ni mon expérience n’ont été abordées, raconte un homme de 37 ans à la recherche d’un contrat en alternance. Mon interlocuteur ne m’a parlé que de terrorisme et des attentats de Paris. À la fin de notre discussion, il m’a dit qu’il fallait parler l’allemand alors que rien n’est mentionné sur l’annonce. »

 

La faute à l’autre

 

« La DRH m’a demandé si mes parents parlaient français et d’où venait mon prénom. Elle a aussi posé plusieurs questions sur ma ville et mon quartier et a fini par dire que son cabinet était très Vieille France, vous comprenez ? », se rappelle une jeune femme de 29 ans. « Il y a urgence à mener des politiques publiques fortes pour lutter contre les discriminations, alerte le Défenseur des droits. Le départ à l’étranger apparaît souvent comme la seule option pour mettre un terme à la spirale de l’échec. »

 

1 758 personnes, âgées de 18 à 65 ans, ont répondu en ligne à un appel à témoignages lancé au printemps. 80% d’entre eux sont français, 78% ont un nom à consonance étrangère et les deux tiers un niveau d’études supérieur au Bac. Près de la moitié était au chômage.

 

Sources : Le Figaro (19/09/2016) – Lemonde.fr (19/09/2016) | Image : Le défenseur des droits

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