Scolarisation des jeunes handicapés : le qualitatif après le quantitatif

Dix ans après la loi de 2005 qui a instauré un droit à la scolarisation pour tous les enfants et adolescents handicapés, la situation s’est nettement améliorée. Des progrès importants restent pourtant à réaliser pour s’approcher d’une école « inclusive » idéale.

 

Le nombre d’élèves handicapés scolarisés en « milieu ordinaire » a quasiment doublé en dix ans. La moitié des élèves handicapés sont aujourd’hui scolarisés dans une classe ordinaire et bénéficient, si besoin, de l’accompagnement d’un auxiliaire de vie scolaire. Un quart est scolarisé dans une classe spécialisée d’une école ordinaire. Près de 20 % suivent leur scolarité dans un établissement médico-social ou à l’hôpital.

 

Scolarisation des jeunes handicapés

 

« C’est la vision du handicap à l’école qui a été révolutionnée, observe la sociologue Nathalie Mons, présidente du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire à la scolarisation des élèves handicapés). Historiquement, cette scolarisation a porté tous les traits de l’univers médical, le handicap étant considéré comme une déficience, une maladie, davantage qu’une différence. Désormais, la France a adopté le modèle de l’école inclusive, qui n’est plus strictement enfermé dans une vision médicale du handicap. Cette vision de l’enfant et de la société moins normée accepte les différences comme une diversité. »

 

Le Cnesco entend en finir avec les barrières physiques qui subsistent, conformément aux normes d’accessibilité obligatoires mais encore partiellement respectées. Mais l’instance d’évaluation insiste sur le fait que les défis ne sont pas seulement matériels. Si l’accent a été mis jusqu’à présent sur les progrès quantitatifs l’heure est désormais à un « acte II », qui soit d’avantage qualitatif.

Le conseil suggère par exemple de nommer, dans chaque établissement, une « personne ressource » parmi les enseignants. Ceux-ci doivent aussi se former pour « être en capacité d’évaluer à leur juste niveau les élèves en situation de handicap ». Pour le sociologue Serge Ebersold, « on n’a pas véritablement donné aux équipes les moyens de penser ces enfants handicapés comme étant avant tout des élèves. L’évaluation les concernant porte sur leurs besoins de « services » et non sur leurs besoins pédagogiques et éducatifs. »

 

Étendre le projet personnalisé de scolarisation aux activités périscolaires est à ce titre essentiel à une « vie autour de l’école » accessible à tous. La participation des élèves handicapés reste toujours incertaine aujourd’hui alors que le Défenseur des droits pointait déjà cette inégalité dans son rapport de 2014.

 

Source : Lemonde.fr, 12.02.2016 ; La Croix, 29.01.2016 et 19.O5.2016 | Image : Stefan Schranz sur PixaBay (licence CC0)

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