L’individu est un élément de la société…la personne est unique !

22 janvier 2010

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Distinguer fondamentalement individu et personne.

 

Toute approche concernant les phénomènes économiques et leur corollaire inévitable, les phénomènes sociaux, devrait distinguer fondamentalement entre l’Individu et la Personne. L’individu est un élément de la Société, il se compte en numéro d’identification. La personne est unique, elle n’a pas d’existence juridique. Les droits et les devoirs de l’individu et de la personne, bien qu’unifiés dans un seul et même être, ne sont pas de même essence.

 

Plusieurs études, à l’échelon européen ont démontré l’importance de la prise en charge globale de la personne dans le contexte social. Elles soulignent que “dans la mesure où les prestations sociales et les services sociaux sont destinés dans bien des cas à des personnes socialement défavorisées, il arrive aussi que, de ce fait, les individus concernés ne soient pas pleinement informés de leurs droits.

 

Le système juridique part du principe que le citoyen connaît ses droits… Or, cela n’est pas toujours le cas, et les raisons sont aujourd’hui connues (inexactitudes ou erreurs dans les données communiquées, renseignements non mis à jour, information excessive sur certains services et insuffisante sur d’autres, inadaptation par rapport au degré d’instruction ou à la maîtrise linguistique de certaines catégories, aux migrants, ou encore aux malvoyants, fragmentation des renseignements, pas d’adaptation en direction des groupes défavorisés.)

 

La nécessité d’une prise en charge unique pour chaque personne

 

Comment les organismes de protection sociale peuvent-ils répondre à cette impérieuse nécessité de prise en charge globale compte tenu de leur passé et de leur réalité ?

 

Pour certains et ils sont de plus en plus rares, le fait d’être un organisme social serait la condition suffisante pour entretenir un relationnel optimal et répondre de façon efficace aux attentes des publics. Ce n’est évidemment pas le cas car le type d’organisme, de gestion ou de produits n’est pas en soi un gage d’identification et de différenciation.

 

Pour d’autres, dans un monde ou une philosophie du collectif semble faire défaut, ou les individus ont tendance à se retrancher dans un statut d’ayants droit, dans une société ou les individus ont le droit de ne plus penser qu’ils vivent en société, c’est l’application au terrain du social des techniques de rationalisation éprouvées dans d’autres domaines sans rechercher réellement d’alternative qui soit adaptée aux spécificités mêmes du secteur social.

 

Les organismes complémentaires par exemple, ont développé de nombreux produits d’assurances et financiers et adopté des modes de gestion s’inspirant largement de l’idéologie managériale dominante. Le marché, les produits, les clients estompent les notions de collectif et de solidarité.

 

On parle de « services à la personne », « d’accès aux soins », de « démarche qualité » ou de « droit des usagers », autant de formules qui traduisent une forme de banalisation plus ou moins marchande et la domination d’une logique financière.

 

Cela ne veut pas dire pour autant que la maîtrise des coûts ne soit pas saine et nécessaire mais lorsque ces techniques sont appliquées de manière standardisée, l’on peut craindre un appauvrissement en termes de réflexion collective et d’idées pour l’action. La mise en œuvre de la solidarité relève autant du quantitatif (de la rigueur financière et de la qualité des produits), que du qualitatif (de l’engagement et des valeurs).

 

Le secteur non lucratif est passé progressivement d’un marché relativement captif à un marché concurrentiel dans un environnement normatif européen. Le secteur de la protection sociale en France regroupe  aujourd’hui des organismes qui concilient tout à la fois une activité « d’intérêt général » dans le domaine de la retraite et des activités concurrentielles en matière d’assurance des personnes auxquelles s’ajoutent une action sociale plus ou moins performante.

 

Concilier dimension économique et valeurs sociales

 

Chacun sait que la somme des interventions sociales ne fait pas nécessairement une politique sociale et donner la « Priorité à la personne » peut-être un début de réponse pour un décloisonnement des actions en matière sociale. La dispersion des actions est dans ce domaine plus encore qu’ailleurs, source d’insuffisance et de gaspillage. Elle est surtout cause de ségrégation des hommes, de leurs activités et de leur vie.

 

Le cloisonnement est l’un des phénomènes majeurs d’une époque de spécialisation à outrance. Du découpage des techniques, on est passé naturellement au découpage de la vie et à celui des fonctions sociales et humaines.

 

Permettre des passerelles entre les fonctions sociales essentielles  d’éducation, de logement, de santé, de loisirs…relève d’un défi majeur pour les organismes sociaux.

 

Bernard PETIT-JEAN, Président du Conseil d’Orientation de l’IPSE


Qu’est-ce que

Priorité
à la Personne

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