La notion de personne est relativement récente

21 janvier 2010

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Ce mot d’origine étrusque et ou latin apparait vers 1130 en plein moyen âge. Il désigne à l’origine un masque de théâtre, non un masque appartenant au sacré comme on en rencontre en Afrique ou ailleurs mais comme moyen pour le dramaturge de donner forme et contenu à un personnage. Rappelons que dans le monde Gallo Romain, des glissements successifs nous font passer du masque au personnage représenté puis du rôle à l’acteur. Si l’individu désigne un être unique et irréductible, le terme de personne rajoute un certain nombre de caractéristiques décisifs : la conscience, la liberté, la capacité de distinguer le bien du mal, la continuité de la vie mentale dans l’espace et le temps. Sartre, avec son sens des formules en fait la synthèse en disant : « La personne n’est rien d’autre que sa liberté.»

 

On voit alors que dire : Priorité à la Personne, n’est pas un simple slogan mais définit un rapport à l’autre, qui est bien autre chose que ceux que proposent les termes de personne âgée ou de personne dépendante ; par ce détour l’autre redevient le même.

 

Ce mot a gardé sa force, à la différence de certains concepts qui s’épuisent au travers d’emplois aléatoires et inconsidéré : tout est génocide, aujourd’hui depuis l’abattage de quelques poulets au fond d’une basse cour.

 

La notion de personne est alors relativement récente. Parler de l’autre comme d’une Personne, implique ipso facto une prise en considération globale, un rapport d’égalité où le respect nourrit l’empathie, où la certitude d’avoir à faire à un sujet conscient et libre, renvoie à sa propre subjectivité, là où l’intime est convoqué.

 

Daniel Puymeges, membre du conseil de DOMPLUS , président du groupe INTERVOX

Qu’est-ce que

Priorité
à la Personne

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