Sport sur ordonnance : des résultats positifs

4 mars 2016

/ /

L’amendement sur la prescription médicale du sport a été définitivement adopté le 27 novembre dernier. Votée à l’unanimité par les députés, la mesure ne concerne pour l’instant que les 9 millions de patients souffrant d’Affection de longue durée mais elle pourrait s’ouvrir à toute la population. Certaines villes ont déjà développé des dispositifs similaires depuis plusieurs années, avec une participation active des médecins et à la plus grande satisfaction des patients.

 

sport

 

96% des Français se prononcent en faveur du « Sport sur ordonnance »1. 82% des médecins considèrent que la prescription du sport par le médecin traitant, telle que proposée dans la loi, est une bonne idée2. 72% de ceux qui ne prescrivent pas d’activités physiques adaptées actuellement disent qu’ils le feront demain grâce au changement de cadre légal2.

Cette assise législative devrait donc encourager la dynamique née des expérimentations des territoires. En 2012 déjà, Strasbourg avait mis en place un dispositif permettant aux médecins conventionnés de prescrire aux habitants souffrant de pathologies chroniques des séances d’activité physique encadrées par des professionnels. La ville de Biarritz s’est spécialisée quant à elle sur la prescription sportive préventive en organisant une chaîne complète de compétences médicales et sportives jusqu’aux diététiciens via des bilans nutritionnels gratuits.

Le fléau sanitaire de la sédentarité est la première cause de mortalité évitable selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Le sport permet à la fois de baisser les doses de médicaments, d’apporter un coup de pouce au malaise mental et de créer du lien social.

 

Une qualité de vie en hausse

 

Les premières assises européennes du « sport santé sur ordonnance », en octobre dernier, ont réuni de nombreuses villes dans la capitale alsacienne. Le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg en charge des politiques de santé et « père » de ce dispositif, a précisé qu’au cours de ces trois années, environ 1 000 patients ont été pris en charge par le service municipal, dont 600 sont encore suivis et actifs à ce jour. Le Dr Jehan Lecoq, coordinateur médical de ce programme, a présenté les résultats de deux cohortes de 65 et 100 personnes. Et un effet positif a été noté bien au-delà des effets organiques de l’activité physique. De manière intéressante, le gain de qualité de vie a même été observé chez les patients les moins assidus. Une donnée à rapprocher du fait que le bénéfice le plus fréquemment signalé par les patients est la rupture de l’isolement social.

Suite à ces résultats, 29 collectivités ont décidé de créer un groupe de travail national des villes sport santé sur ordonnance, en partenariat avec le réseau français des Villes santé de l’Organisation Mondiale de la Santé. Reste maintenant à définir un programme national d’ampleur, de soins mais aussi de prévention, qui serait décidé et piloté par l’Etat en faveur d’une assurance maladie refondée sur d’autres principes que ceux de la domination de la prescription médicamenteuse.

 

1 Sondage TNS Sofres pour la Maif – Juillet 2015
2 Sondage Ifop pour Swiss Life – Novembre 2015

 

Crédit photo : Jan Vašek sur jeshoots (Licence CC0)

Qu’est-ce que

Priorité
à la Personne

En savoir plus

Autres articles qui pourraient vous intéresser