Priorité à la personne : c’est pour moi un levier économique

Question posée à Jean-Charles Grollemund (directeur général du groupe IRCEM, groupe de protection sociale des salariés et retraités œuvrant au domicile de particuliers.

Jean-Charles Grollemund : Priorité à la personne est un levier économique

Priorité à la personne, pour moi, représente un véritable levier économique.
Je m’explique.

Pour un groupe de protection sociale, notre mission est d’apporter la meilleure couverture possible à nos adhérents. Nous sommes donc dans une recherche de valeur ajoutée qui nous permet de nous différencier (la couverture sociale appartient aux facteurs déterminants le choix d’un secteur professionnel pour un individu). Je vais prendre un exemple très concret. Nous accompagnons à l’IRCEM les salariés de la famille et particulièrement les assistantes maternelles. Lorsque celles-ci démarrent leur activité, elle génèrent des frais : quelques achats et quelques aménagements à réaliser à domicile pour accueillir les enfants dans de bonnes conditions. Une assistante maternelle qui démarre n’a pas forcément les moyens de réaliser ces achats. C’est l’objectif de l’offre micro-crédit que nous allons proposer. Pour elle, l’accès à un crédit à faible taux, et à la caution de l’IRCEM est rendue possible. Elle peut donc exercer rapidement son activité professionnelle et travailler dans de meilleures conditions. Nous sommes dans une logique gagnant/gagnant.

Comment on met en place une telle offre ? En s’intéressant à la personne, dans la réalité de son quotidien professionnel. La structure juridique d’une IRP (institution de retraite et de prévoyance) est paritaire c’est à dire qu’elle réunit employeurs et salariés, permet la rencontre et le débat. Cette structuration permet la construction de véritables progrès sociaux.

Maintenant, au niveau de la société dans son ensemble, et plus simplement au niveau de l’acteur économique que l’IRCEM représente. Le secteur des SAP a connu, malgré la crise une progression du nombre des emplois en 2009. Mais, ce n’est pas tellement cela que je voudrais mettre en avant.

Aujourd’hui, de nouvelles variables émergent au niveau économique notamment. Si la notion de bien-être existe depuis longtemps dans la littérature économique, la recherche de nouvelles variables qui dépassent le seul PIB rencontre actuellement un fort écho par la crise financière et économique que les économies mondiales traversent.

Nous savons que la spéculation financière, qui possède comme objectif principal de gagner toujours plus, ne peut pas être une finalité en soi. Comme le suggère Jacques ATTALI, nous devons chercher à survivre à la crise et aux crises qui sont devant nous par la mise en place de nouveaux référentiels de vie.

Dans ce contexte, mettre la personne en priorité rencontre ces nouvelles visions ou projections économiques. Autre exemple : bien vieillir à son domicile. On souhaite tous vivre le plus longtemps possible et le mieux possible à son domicile. Rechercher des solutions pour qu’une personne reste le plus longtemps à son domicile, en utilisant par exemple de nouvelles technologies qui permettent la sécurisation du domicile et la mise en relation des différents intervenants. Nous sommes dans le champ non seulement de la priorité à la personne âgée et de sa famille (mieux vivre) mais aussi de la société (les coûts étant moindres que dans le cadre d’une hospitalisation ou d’un hébergement dans une structure spécialisée).

Voilà rapidement quelques réflexions autour de la notion de priorité à la personne. C’est un travail conduit en prenant en compte la notion d’accomplissement de la personne. Même si la mise en œuvre est toujours et forcément complexe, c’est une direction, un sens à la société que chacun de nous contribue à construire. …

Qu’est-ce que

Priorité
à la Personne

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