Le « bore-out » : des souffrances détruisant la personnalité des salariés

Occuper un poste où il n’y a rien à faire peut devenir un supplice. Le Bore-out, ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, est souvent perçu comme le produit d’un excès de fainéantise, très dévalorisé dans notre société construite sur la valeur travail.

Travail et chômage ne sont pas deux réalités tant séparées ! « Plus de 30 % des salariés en poste sont en chômage, partiel ou total, à l’intérieur même de leur poste, ce qui constitue un danger bien plus grave et bien plus étendu que l’excès de travail plutôt localisé sur certaines professions», explique le chercheur Christian Bourion1, co-auteur de la première analyse française sur le sujet en 2011.

En dehors de la baisse de moral, de la dépression et de l’ennui, le bore-out pousse à certains comportements : réduire le temps de présence, voler le travail des autres, ralentir le rythme, occuper son temps à discuter, chatter sur Internet, inventer des tâches nouvelles, se mettre en disponibilité, démissionner, voire se reconvertir si les améliorations technologiques, réorganisations ou baisses d’activité, sont les causes de ce vide difficile à assumer. Car cette pathologie est particulièrement culpabilisante et les échappatoires rares. « A cause du chômage, dire que l’on s’ennuie dans son job est perçu négativement », constate Emmanuelle Rogier, psychologue du travail.

1 Christian Bourion est Rédacteur en chef de la Revue internationale de psychosociologie, docteur en sciences économiques et professeur à ICN Business School Nancy-Metz. Livre « Le bore-out syndrome. Quand l’ennui au travail rend fou », Christian Bourion, 176 pp, Albin Michel, à paraître en janvier 2016.

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Sources : Libération 28.09.2015, Le Monde, le 01.06.2015 / Image : FireSam! sur FlickR

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