L’économie du bonheur, un petit livre étonnant sur les sources de la satisfaction

L’économie du bonheur, par Lucie Davoine. La Découverte, 128 pages, 10 euros.

Lucie Davoine est une  jeune doctorante spécialisée sur la satisfaction au travail, la qualité de l’emploi en Europe et l’économie du bonheur. Son premier livre écrit en solo sur ce sujet apporte des éléments troublants sur ce qui rend les gens heureux. Pour cela, elle reprend largement à son compte le paradoxe d’Easterlin qu’elle complète avec des études plus récentes.

Dès 1974, Richard Easterlin avait ainsi mis en évidence un paradoxe qui porte désormais son nom : La croissance de l’économie ne fait pas le bonheur de tous. En 2005, des analyses comme celles de Layard, confirmaient ce fait : Au-delà de 15.000 dollars par tête, le bonheur des habitants d’un pays ne serait pas lié au niveau de revenu.

Lucie Davoine pose alors son analyse : « Ce n’est pas la croissance en tant que telle qui compte, mais la manière dont elle est produite (…), consommée, distribuée, partagée. » La croissance ne serait pas un objectif en soi et la fiscalité serait un outil crucial pour éviter une course à la consommation ostentatoire qui nuit plutôt au bonheur collectif. Transformer la croissance en bien-être n’est donc absolument pas automatique. Et la croissance économique des dernières décennies qui a largement profité aux plus riches, et beaucoup moins aux classes moyennes et aux plus pauvres, a entraîné un net décrochage du degré de satisfaction à la croissance du PIB.

Au niveau personnel, la sociologie et la philosophie ont depuis longtemps souligné que le travail ne peut se résumer à un service que l’on monnaie. De bonnes relations sociales au travail constituent même le facteur le plus important pour expliquer la satisfaction au travail. Viennent ensuite le contenu du travail, les opportunités de promotion, puis seulement le revenu et la sécurité de l’emploi.

Ainsi l’impact de l’intensité du travail et de la perte d’autonomie subies par les salariés se retrouve largement dans les statistiques. En Europe, plus de 60% des personnes souhaiteraient accorder plus de temps à leur famille, alors que 20% seulement des personnes aimeraient consacrer plus de temps à leur travail. Les horaires de travail ne sont pas entièrement compatibles avec les engagements familiaux et sociaux, et les difficultés de conciliation sont de plus en plus flagrantes en France : Seuls 31% des Français estiment que leurs horaires de travail s’accordent « très bien » avec leurs engagements sociaux et familiaux en 2012, contre 41% en 2000.

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