Larubaliz : Une transgression qui fait du bien

9 janvier 2012

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Les clowns professionnels de la compagnie Larubaliz ont cette faculté étonnante de bouleverser les rôles préétablis entre les malades, leur famille et les salariés des hôpitaux ou des maisons de retraite. En forçant les portes des « établissements de contrainte » avec l’Art vivant, ils replacent en véritable sujet chaque personne dans la communauté.

Toute leur réflexion part d’un constat : L’Art vivant est peu présent dans le quotidien en général, dans les établissements de santé encore moins. Il permet pourtant en créant un lien entre le dedans et le dehors d’apporter de l’oxygène dans ces espaces souffrants, pour les personnes malades mais aussi pour tout le personnel qui y travaille.

L’Art vivant peut être très puissant en termes de propositions d’expression. Il est toutefois nécessaire de fixer un cadre de jeu clair pour les artistes afin qu’ils soient complémentaires de ce que fait l’équipe pluridisciplinaire auprès de la personne. « Cela pose tout un tas de questions, explique Frédéric Péchin, directeur artistique de Larubaliz et artiste-clown. Qu’est ce que c’est que d’accompagner en toute connaissance une personne dont la maladie est complexe et évolutive, et cela parfois sur trois ou quatre ans ? »

La compagnie pratique ainsi une expertise avec chaque établissement. « On échange sur l’envie, les pathologies rencontrées, le medium le plus approprié ». Larubaliz ne fait pas de l’animation mais bien du spectacle déambulatoire. Les artistes rédigent des comptes rendu de séance et font une répétition hebdomadaire. Ils travaillent également sur la durée avec les cinq hôpitaux ou maisons de retraites auxquels ils proposent chaque semaine un nouveau spectacle.

L’heure d’échauffement avant chaque entrée en scène leur permet de parler avec l’équipe hospitalière et d’aller chercher des informations sur la vie de la collectivité. Les clowns, qui jouent toujours en duo, tirent ensuite les ficelles du spectacle grâce à leur langage émotionnel. « Le clown est transgressif, naïf et sans jugement par nature. Ce sont ces particularités qui lui permettent de rencontrer un alter-ego avec le public. »

Trois postures du public sont alors possibles : Le refus, « tout le monde en a le droit », le spectateur passif dans le plaisir, ou l’acteur voire le metteur en scène. Car, si les artistes de la compagnie peuvent puiser des bouts de leur spectacle, ils laissent surtout une grande place à l’improvisation pour permettre à leur public d’entrer dans le jeu. « Ils nous donnent autant qu’on leur donne. C’est un échange», résume Frédéric Péchin.

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