Les enjeux du travail : des pistes pour une prise de parole des salariés

7 novembre 2013

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Valoriser son métier, participer à la mise en place d’une meilleure protection sociale et sanitaire au sein de son entreprise, libérer sa force de créativité, s’engager dans une révision large de la politique du travail. Ces envies et ces capacités des salariés doivent être reconnues, et ce d’autant plus que les mutations du monde professionnel portent à une précarisation croissante des employés.

Dans un livre* récent découlant d’une recherche collective de trois ans menée par la CGT, six chercheurs et militants syndicalistes tentent d’éclairer le débat et de soutenir l’action collective à travers des propositions qui dépassent le champ de la revendication.

Cet ouvrage qui a été coordonné par Catherine Guaspare, sociologue, ingénieure d’études au CNRS, et Jacques Léger, ancien secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Essonne, est un outil. Son objectif est de permettre aux salariés de mieux prendre en compte la réalité du travail pour le faire évoluer et en tirer au final de la satisfaction.

La notion de métier se perd dans certains secteurs au profit de celle d’emploi. Et si les syndicats ont leur part de responsabilité dans cette évolution et ce manque de reconnaissance des salariés, Il existe toujours des créneaux pour qu’ils se réapproprient cette mission de porte-parole. Ils ont des choses à dire sur la santé publique et les politiques de prévention, ou des arguments à faire valoir sur les méthodes de management. Les portes d’entrée sont multiples et ce livre les détaille en les raccrochant à des expériences de terrain.

« D’où vient ce paradoxe qui fait que des salariés expriment un mal-être au travail tout en faisant leur possible pour aimer ce même travail ? », demande Yves Bongiorno, l’un des auteurs, dans une tribune publiée par l’Humanité. Dans toutes les circonstances, le travailleur se faufile dans des espaces de liberté qu’il s’aménage, agrandit, pour que son humanité puisse s’exprimer, vers une émancipation.» Conseiller confédéral de la CGT, il invite les syndicats à aller voir et  comprendre la complexité du travail avant de prétendre l’expliquer aux salariés.

Pour Catherine Nédélec, sur le site de Médiapart, «envisager le travail sous le seul angle de la souffrance et de ses dommages risque de donner du syndicat l’image d’un pompier intervenant en dernier recours pour sauver les victimes (…) L’enjeu n’est-il pas précisément l’inverse : permettre à tous les salariés, y compris les plus engagés dans leur travail, d’intervenir en amont sur son contenu ? La notion de métier sous-tend une dynamique de transformation du travail. Le terme « métier » devrait être compris dans un sens évolutif, et non tel qu’on le trouve dans le compagnonnage. »

*« Pour quoi nous travaillons ? », Coédition Editions de l’Atelier/ VO Editions

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