ANI : Après la décision du Conseil constitutionnel sur la généralisation des complémentaires santé, par Serge Bizouerne

« Quels que soient les scénarii, cela ne dispense pas de l’accompagnement de solidarité. Au contraire. »

Le 13 juin, le Conseil constitutionnel a censuré l’existence même des clauses de désignation dans le domaine de la prévoyance. Cette décision des Sages a provoqué un véritable buzz au sein du monde du paritarisme et des opérateurs de la protection sociale. On assiste à une dérégulation totale des marchés.

Quels qu’en soient les conséquences et le point de vue de chacun, les promesses sous-jacentes sur les engagements et la prévention génèreront des comportements stratégiques et concurrentiels qui devront mettre l’accent sur la réalité sociale. Pour citer Marisol Touraine : « La protection sociale est un facteur de compétitivité. La diminuer, c’est porter atteinte non seulement aux droits sociaux, mais aussi à notre efficacité économique. C’est pourquoi il est fondamental de préserver et de renforcer le capital social, notamment en temps de crise.»

Le bénéfice relationnel

Nous sommes, je l’espère, dans une société où être au service du bien-être de la personne suppose  une exigence de solidarité du plus haut niveau possible. Derrière la couverture santé pour tous, ce sont les questions autour de la mutualisation de l’effort, de l’accompagnement social, du lien social ou de la prévention santé qui ressortent. Autant de domaines dans lesquels les services sont trop souvent perçus comme de simples coûts.

Nous savons pourtant pertinemment que le bénéfice est d’abord relationnel, amortisseur social autant que créateur de valeur économique: le fameux supplément d’âme. Et c’est justement dans un cadre de compression des coûts, que le service devient source d’innovation. On ne créé pas de service dans l’opulence. Il est donc question pour les opérateurs de stratégie, de fidélisation et de conquête, mais aussi de la nécessité de penser autrement, a fortiori si la donne change et que le jeu est très ouvert comme nous l’attestent les événements actuels.

L’importance d’un tiers de confiance et la garantie de la promesse énoncée sont évidentes vis-à-vis d’un consommateur de plus en plus éclairé et d’autant plus en situation de fragilité. Dès lors qu’il s’agit du facteur humain, nous sommes au cœur du service. Le transfert de responsabilité auquel nous assistons – du collectif (Etat providence) vers la personne –  doit également s’accompagner. Avec plus de 2000 situations par jour, nous le vivons au quotidien à DOMPLUS : L’accès aux droits et le besoin d’accompagnement en la matière ne doivent pas être oubliés.

Pour toutes ces raisons, les services doivent être dans le pilier de base, c’est-à-dire le panier de soins minimums, pour maximiser ce que j’appellerais de la « chaleur ajoutée » sans parler de valeur ajoutée.

Serge Bizouerne intervenait à l’Assemblée nationale le vendredi 5 juillet lors d’une matinée technique sur « les impacts de l’ANI sur les opérateurs après la décision du Conseil constitutionnel ».

Pour aller plus loin : Ecouter les interventions de la journée du 5 juillet sur le site Fil Social

A lire également : Le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi adopté

 

Crédit photo : Richard Ying / LePost.fr sur FlickR (CC BY-NC-SA 2.0)

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