Aidant et salarié : une responsabilité, aussi, de l’entreprise

Souvent reportée, la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement arrive au Sénat, le 17 mars, avec une adoption définitive prévue d’ici à la fin de l’année.

Si l’ensemble des concours publics à la dépendance s’élève chaque année à un peu plus de 21 milliards d’euros(1), Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la famille et des personnes âgées, estime dans Le Monde que « la solidarité nationale ne peut pas tout ». « Les entreprises aussi doivent évoluer et intégrer que certains de leurs salariés sont aussi des aidants. Les jours consacrés aux enfants malades pourraient très bien prendre en compte les aidants. On peut aussi imaginer qu’ils bénéficient d’une flexibilité de leurs horaires. Aux partenaires sociaux de prendre leurs responsabilités en mettant ces questions sur la table. »

Un guide a destination des entreprises a été publié par l'UNAF et l'ORSE a l'occasion de la journée des aidants 2014.
Un guide a destination des entreprises a été publié par l’UNAF et l’ORSE a l’occasion de la journée des aidants 2014.

4,3 millions de personnes s’occupent aujourd’hui d’un parent âgé ou d’un proche malade. La charge de travail moyenne représente cinq heures par jour(2). Pour ceux qui travaillent encore, cela génère même un risque sur leur santé souvent sous-estimé. «Nombre d’aidants n’osent pas parler de leur situation par peur d’être estampillés salariés à problème avec absences et congés intempestifs», affirme Brigitte Cachon, directrice de la communication et de la RSE à Crédit agricole assurances. Au sein des entreprises, les DRH commencent à innover doucement : télétravail, jours d’absence rémunérés, formation pour les dirigeants ou groupes de travail en interne pour améliorer l’information des salariés, voire les accompagner dans leurs démarches d’aidant. « Il faut prendre ce sujet à bras-le-corps », escompte aussi François Fatoux, délégué général de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse). Il a piloté avec l’Union nationale des associations familiales (UNAF) un guide(3) à destination des entreprises qui propose des solutions et les moyens de les mettre en œuvre, notamment dans le cadre des négociations sociales d’entreprise ou de branche.

(1) Selon les derniers chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les dépenses publiques pour la prise en charge de la perte d’autonomie atteignent 21,1 milliards d’euros chaque année. Les particuliers sont, quant à eux, mis à contribution à hauteur de 7,2 milliards.

(2) Le Monde, 11 mars 2015, Timide reconnaissance pour les aidants

(3) Aidants familiaux : guide à destination des entreprises 2014 est un ouvrage à destination des dirigeants, DRH, syndicats ou toute personne souhaitant faire évoluer la situation des salariés aidants au sein des entreprises.

Les attentes des aidants

En octobre 2014, le 4ème baromètre DOMPLUS – BVA posait une question d’actualité sur ce thème.
80% des aidants interrogés considéraient alors que le projet de loi gouvernemental sur la dépendance devrait leur permettre de préserver leur santé, 70% de faciliter leurs démarches administratives et 68% de préserver leur équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

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